La prochaine industrie

mars 2nd, 2017

La semaine dernière, je me suis rendu à Marrakech pour y suivre un meeting avec mes collègues, et à un moment donné, la discussion a embrayé sur notre économie. Et je dois dire que j’ai été stupéfait de voir que beaucoup de gens autour de la table étaient totalement pour le principe des subventions faites aux industries par l’Etat. Et cela m’a d’autant plus étonné que ces personnes étaient elles-mêmes des entrepreneurs ! Or, à mes yeux, cette politique de subventions à tous les vents est une vraie catastrophe pour notre économie, et à peu près aussi judicieuse que mélanger Etat et religion. Il est facile de comprendre pourquoi nos politiques font tout pour pousser la croissance : cette dernière est souvent déterminante pour rester en place. Mais cela ne veut certainement pas dire qu’ils en sont capables, ni même qu’ils peuvent le faire intelligemment. Ceux qui défendent ces mesures incitatives conduites par les pouvoirs publics prétendent qu’il est normal que les élus interviennent dans l’économie et dépensent à tout-va afin de redresser l’économie. Mais cette dernière n’a pas besoin d’aide, et surtout pas de l’ingérence des politiques ! Les personnes qui défendent cette manière de faire devraient se poser cette question : en quoi les autorités sont-elles plus malignes que la population pour décider à quoi les finances doivent être préposées ? Comment le budget doit-il être divisé pour aller aux éoliennes, aux hôpitaux, à l’armement, à la lutte contre le chômage, à l’agriculture biologique… Et la question qui met le ravioli en ébullition : pourquoi la classe politique serait-elle mieux logée pour prendre les meilleures décisions ? Le postulat même de prise de décision dans un ministère n’est pas viable. On ne contrôle pas le monde depuis une carte et une vague idée de la façon dont il fonctionne. Les tentatives dramatiques de conséquences des anciennes économies socialistes l’ont clairement montré. Seul le libre marché est en mesure de déterminer les secteurs promis à un bel avenir. A part ça, j’ai été séduit par ce team building. Le timing qu’on nous avait préparé était exceptionnel. Je vous mets un lien vers l’agence qui l’a mis en place, si vous avez à en programmer un.

La BCE auprès de l’Italie

février 16th, 2017

Ce jeudi 8 décembre, Mario Draghi annoncera la décision du conseil des gouverneurs de la BCE dans un contexte politique troublé par la victoire du non au référendum italien, et celle de Donald Trump aux États Unis. Quelles sont les actions attendues de la part de la BCE ? Est-elle encore en mesure d’apporter son soutien à l’économie européenne ? Dans un premier temps, Mario Draghi va annoncer les nouvelles anticipations de croissance et d’inflation pour l’année en cours ainsi que pour 2017 et 2018. Puis, sur la base de ces anticipations, la BCE est à même de proposer une action en accord avec son mandat, qui est de stabiliser le niveau d’inflation à un niveau proche mais inférieur à 2%. Au regard des différentes annonces faites au cours de ces dernières semaines, les opérateurs des marchés financiers semblent croire que la BCE annoncera une prolongation de son opération d’assouplissement quantitatif, qui consiste en l’achat de 80 milliards d’euros de titres par mois, et qui a pour objectif “d’injecter” de la monnaie dans le système, et ainsi de stimuler la demande, c’est-à-dire la somme de la croissance et de l’inflation. Pour le moment, ce programme est prévu pour s’arrêter en mars 2017, et il pourrait être poursuivi pendant une période supplémentaire de 6 mois, avec une nouvelle limite fixée en septembre. En effet, les incertitudes politiques actuelles sont susceptibles d’affoler les bourses européennes, notamment les taux d’intérêt, mais pour le moment, le calme est maintenu en raison d’une confiance retrouvée dans la capacité d’action de la BCE de Mario Draghi. Dans ce contexte, il serait en effet important que la BCE montre son engagement dans la crise en cours, qu’elle démontre qu’elle est attentive aux développements qui ont lieu, notamment sur l’Italie. Une déception de ce côté pourrait alimenter les risques. Une Banque centrale a précisément pour rôle de stabiliser un contexte macroéconomique, elle est donc jugée sur sa réactivité par rapport à des évènements. Ces évènements ont eu lieu, entre l’Italie, le Brexit, Donald Trump etc. désormais, l’institution monétaire est attendue au tournant. S’agit-il réellement du rôle de la BCE de venir “au secours” d’un contexte certes difficile, mais purement politique ? La question pourrait se poser si la BCE n’y était pour rien dans la défiance des populations à l’égard de l’Europe. Depuis 2008, la zone euro fonctionne à mi régime, c’est-à-dire que son taux de croissance a plus ou moins été divisé par deux par rapport à la décennie précédente, il ne s’agit pas d’une fatalité, mais bien d’une trop grande frilosité de la part de BCE depuis la survenance de la “Grande récession”. Si le chômage de la zone euro est à la baisse, celui-ci vient tout juste de passer sous la barre des 10%, il convient quand même de noter que les États Unis, le Royaume Uni, ou le Japon, ont des taux de chômage respectifs de 4.6%, 4.8% et 3%. Or, ces pays ont mené des politiques monétaires bien plus agressives que celle de la BCE, c’est bien la seule différence. Il faut vraiment se rendre compte d’une réalité, le plein emploi n’est pas une question économique, en ce sens que l’on sait comment faire pour y parvenir, c’est une question politique, c’est-à-dire que la zone euro n’a simplement pas fait le choix, politiquement parlant, du plein emploi. Évidemment, un tel choix a des conséquences sur les populations, et il ne faut pas tellement s’étonner que celles-ci votent “mal”. Mario Draghi sait tout cela, et pour le moment, il est possible de lui reconnaître le fait qu’il essaye de faire ce qu’il peut au sein d’institutions qui lui sont parfois hostiles. Ce n’est vraiment pas suffisant, mais il aurait besoin de soutiens politiques pour aller plus loin, ce qui aurait également pour conséquence de “heurter” les positions allemandes.

La politique étrangère de Trump

février 16th, 2017

Quatre semaines après son élection surprise, Donald Trump n’a toujours pas choisi son futur secrétaire d’Etat, poste clé de l’administration, équivalent du ministre des affaires étrangères. De nombreuses personnalités ont été évoquées, dont Mitt Romney, candidat républicain à la Maison Blanche en 2012, Rudolph Giuliani, ancien maire de New York et allié de la première heure du candidat Trump, ou John Bolton, ancien ambassadeur à l’Onu du président George W. Bush. Ce choix sera déterminant. Il donnera une indication claire de la direction à venir de la politique étrangère américaine. Pour l’heure, au sein de l’équipe de défense et de sécurité nationale, Donald Trump a choisi des hommes et des femmes qui illustrent son intention de rechercher “la paix depuis une position de force” (”peace through strength”). Ainsi Donald Trump a désigné Michael Flynn comme Conseiller à la Sécurité Nationale. C’est un lieutenant-général, trois étoiles qui fut directeur du renseignement pour le Pentagone et un critique virulent de la stratégie militaire du président Obama (cela lui avait d’ailleurs coûté sa place). Au Pentagone il a placé James Mattis, également général en retraite. Il a nommé Nikki Haley ambassadrice à l’Onu, et a placé Mike Pompeo à la tête de la CIA. Ces trois nominations devront recevoir l’assentiment du Sénat. Haley est, pour l’heure, gouverneur de Caroline du Sud. Pompeo est un élu du Kansas, proche du Tea Party, qui avait dénoncé avec virulence les révélations d’Edward Snowden sur les écoutes de la NSA, appelant à ce qu’il soit ramené aux Etats-Unis, jugé et condamné à mort… Pour envisager quelle sera la politique étrangère de l’administration Trump, les observateurs n’ont donc pas d’autres éléments que ses discours de campagne. Or, comme il en est coutumier, Trump a fait des déclarations qui ont pu paraître surprenantes ou inquiétantes, surtout pour les alliés des Etats-Unis. Ainsi, il a recommandé au Japon de se doter de l’arme nucléaire pour sa défense ! A l’encontre des traités bilatéraux, et du principe de non- prolifération. Il a indiqué qu’il ne viendrait au secours des pays européens, notamment les pays baltes, en cas d’agression extérieure, que si ceux-ci avaient payé ce qu’ils doivent à l’Otan. A l’encontre de l’article 5, mais en rappelant que les membres de l’Alliance atlantique sont tenus de consacrer 2% de leur PIB à la défense, ce que seuls trois pays font régulièrement, les Etats-Unis, le Royaume uni et la France. Il a laissé entendre qu’il reviendrait sur l’accord de juillet 2015 avec l’Iran. Qu’il chercherait à coopérer avec la Russie dans le dossier Syrien. Qu’il avait un “plan” pour éliminer l’Etat islamique. Qu’il reverrait la relation avec les monarchies du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite… Au-delà des petites phrases – dont chacun sait désormais qu’elles ne doivent jamais être prises au pied de la lettre venant de Donald Trump – le président élu a placé sa future politique étrangère derrière le mot d’ordre “d’America First”. Ce qui signifie “l’Amérique d’abord”. En clair Trump mettra l’intérêt des Etats-Unis avant tout autre considération. “Nous mettrons les Américains en tête de nos préoccupations qu’il s’agisse de commerce international, d’immigration, d’emplois, de revenus ou de sécurité,” avait-il dit dès le mois d’avril 2016. Trump estime en effet que depuis trop longtemps, et notamment sous l’administration Obama, les Etats-Unis ont placé les intérêts d’autres pays, partenaires ou adversaires, avant les leurs, espérant sans doute d’être payés en retour, ce qui n’a pas été le cas à son goût. Cette période est révolue. Sous Donald Trump les Etats-Unis auront comme premier souci… les intérêts des Américains. Ce slogan a été bien sûr dénoncé par certains. Pour ses connotations historiques. Et parce qu’il marquerait un retour à l’isolationnisme. Sur la référence historique, des éclaircissements s’imposent pour ne pas tomber dans la caricature. Quant à la seconde affirmation, elle est tout simplement fausse et résulte d’une lecture biaisée des intentions de Donald Trump. L’America First Committee (AFC) fut une organisation brièvement engagée contre l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1940. Ce comité vécut quinze mois, de septembre 1940 à décembre 1941. A l’époque, les Etats-Unis étaient officiellement un pays neutre. Cette neutralité avait été maintes fois réaffirmée, durant les années trente, par des votes du Congrès. Elle traduisait donc la volonté populaire. Elle ne seyait cependant pas au président Franklin Roosevelt. Et c’est pour prévenir une démarche de sa part, précipitant l’Amérique dans le conflit européen, que certaines personnalités du monde des affaires, de la politique ou de la culture, avaient fondé ce comité. Il s’agissait d’utiliser la pression de l’opinion contre la volonté perçue du président. Le fait que certains membres du comité aient pu avoir alors des sympathies pour l’Allemagne nazi, et le fait que la non- ingérence américaine ait alors fait le jeu de l’agresseur, c’est-à-dire d’Hitler, ont été utilisés depuis pour discréditer l’AFC et en faire une sorte de groupuscule néo-fasciste. C’est tomber dans la caricature. L’America First Committee compta près d’un million de membres, et exprima alors la volonté d’une large partie de l’opinion américaine. Loin de rassembler des extrémistes et des radicaux, il comptait, parmi ses sympathisants, des personnalités de premier plan, dont un certain Joseph Kennedy, ex-ambassadeur en Grande Bretagne, et son fils cadet, John Fitzgerald Kennedy. L’AFC fut dissout trois jours après l’attaque japonaise contre Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. Il n’empêcha pas l’Amérique de se rassembler derrière le président Roosevelt, une fois la guerre déclarée, ou même de s’engager, comme le fit John Kennedy.

En Finlande

février 4th, 2017

Voilà une affaire dont notre pays ne ressortira pas grandi : l’affaire Fillon montre à quel point la France a encore un sacré travail à faire contre la corruption ! Lundi dernier, j’ai d’ailleurs abordé la chose avec quelques personnes, durant un voyage de groupe en Finlande. Et je me suis aperçu à quel point le Penelopegate laissera des traces. La méfiance vis-à-vis des énarques n’est pas récente ; Donald Trump a d’ailleurs utilisé ce rejet populaire aux Etats-Unis pour se faire élire. Pourtant, il persistait à mon sens un filet d’espoir chez les gens. Mais c’est fini, désormais. J’ai assisté à un changement spectaculaire, avec l’affaire Fillon. La rancœur provoquée par certains politiques a rejailli sur toute la classe politique. C’est assez évident quand j’en parle autour de moi. Il y a en premier lieu l’exemple que prétendait incarner Fillon. Que ce candidat, qui a axé toute sa campagne sur sa moralité, soit en définitive un escroc n’est pas seulement choquant : cela met à mal la classe politique dans son ensemble ; parce que si le meilleur est en fait comme ça, on imagine les autres… Mais il y a également la justification des politiques de droite dans cette affaire qui a pesé dans ce rejet massif. La communication ahurissante des Républicains n’a fait qu’aggraver ce sentiment qu’ils nous prennent véritablement pour des cons. NKM, Eric Ciotti, Bruno Retailleau… Chacune de leurs apparitions a fait des dommages incroyables. Assurer que tout ça n’est rien ? S’énerver en prétendant qu’il y a des problèmes plus graves ? Hurler au complot ? Toutes ces personnes ont démoli pièce par pièce le candidat en croyant le servir. Evidemment, on pourrait croire qu’il n’y a là qu’une banale affaire de corruption. Mais ce qui se joue ces derniers jours est infiniment plus délicat, à mon sens. C’est l’affaire de trop. L’homme a constitué sa candidature sur sa droiture, il s’est démarqué comme un Monsieur Propre sans tache. Dans ce dossier, il n’entraîne de fait pas que sa famille dans sa défaite : il pourrit par son exemple tout notre système démocratique. Et cela, personne ne risque d’oublier. Soit dit en passant, j’ai adoré ce voyage de groupe en Finlande. Si les discussions politiques étaient relativement enfiévrées (et c’est un euphémisme !), l’ambiance s’est révélée très joyeuse pendant le reste du séjour. Je vous mets en lien l’agence par laquelle je suis passé, si ça vous intéresse.

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la France peine à séduire les entreprises

janvier 30th, 2017

Réunis au sein des Etats de la France, les patrons de filiales de multinationales portent un regard peu amène sur la capacité du pays d’attirer des investisseurs. Résultats d’un sondage exclusif. A six mois de l’élection présidentielle, la 11e édition des Etats de la France prend des allures de bilan du quinquennat. Le 16 novembre, comme tous les ans, une centaine de présidents de filiales françaises de multinationales se rassemblent, à Paris, pour parler d’attractivité. En 2015, ils émettaient une opinion favorable aux réformes engagées pour rendre le pays plus attirant. Cette fois, leur regard se fait moins amène et ils sont plus nombreux à estimer que les capacités hexagonales de séduction des investisseurs étrangers se sont dégradées.

Besoin d’argent ?

janvier 30th, 2017

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Heureux qui comme Ulysse va faire un beau voyage…

janvier 9th, 2017

Quand une administration quelconque me demande de stipuler mon adresse, je lui en donne une tout ce qu’il y a de plus classique : celle d’une maison tout en briques, dans une rue où l’on trouve d’autres maisons. Mais ma véritable maison se trouve en fait plus haut, bien plus haut : en plein ciel. Je passe tellement de temps en avion qu’on peut véritablement dire qu’il s’agit de ma maison. Une maison dont je ne me lasse d’ailleurs pas : quand je ne voyage pour le travail, j’emmène ma petite famille en vacances à l’autre bout du monde.

Seulement, dans cette maison si particulière, l’on est souvent très seul, et les pensées vagabondes que l’on peut avoir durant ces vols ont tendance à s’envoler sitôt l’avion posé. C’est en quelque sorte pour les retenir, pour en garder une trace, que j’ai créé ce site. Ici, je vous ferai part de mes réflexions sur l’actualité et sur l’état de notre monde. Alors préparez-vous : vous et moi, nous allons faire, comme Ulysse, un beau voyage…




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