La pression monte sur Trump

juillet 17th, 2017

La rencontre entre Donald Trump Jr. et une avocate russe a projeté le fils du président américain en première ligne d’un scandale explosif qui menace à son tour de happer le gendre du milliardaire, Jared Kushner, fidèle confident et conseiller de l’ombre à la Maison Blanche. C’est le visage de Donald Jr. qui s’affiche depuis plusieurs jours dans les grands médias américains. Mais l’opposition démocrate le proclame haut et fort: il est surtout urgent d’écarter du pouvoir Jared Kushner, également présent lors de la désormais célèbre réunion à la Trump Tower de New York. Alors que le fils aîné de Donald Trump, resté dans le monde des affaires, ne joue aucun rôle dans la gestion du pays, son gendre, figure incontournable de la sphère Trump, occupe une place de premier rang à la Maison Blanche, martèlent-ils. Même du côté républicain, des voix s’élèvent pour questionner la présence de Jared Kushner, 36 ans, et de son épouse Ivanka Trump, 35 ans, au côté du président américain. “Il me semble qu’il serait dans le meilleur intérêt du président de retirer tous ses enfants de la Maison Blanche”, a ainsi déclaré jeudi un élu du Texas à la Chambre des représentants, Bill Flores, à propos de ces deux derniers. Héritier lui aussi d’une famille de magnats de l’immobilier new-yorkais, diplômé de Harvard, Jared Kushner oppose une discrétion extrême aux multiples sorties de son beau-père. Signe de sa profonde confiance, Donald Trump l’a chargé de lourds dossiers, dont, en priorité, la recherche d’une issue au conflit israélo-palestinien. C’est pourtant par lui que le dernier feuilleton de l’affaire russe semble avoir éclaté au grand jour: un formulaire qu’il devait soumettre à son arrivée à la Maison Blanche -pour être notamment autorisé à consulter des documents classifiés- a d’abord mené à la révélation de l’existence de la fameuse réunion. Puis, face au scoop du New York Times, Donald Jr. a publié cette semaine un échange de courriels, brandis depuis par certains comme l’indice le plus flagrant à ce jour d’une complicité entre l’équipe Trump et le Kremlin pour tenter de faire basculer l’élection présidentielle de 2016 côté républicain. Dans ces messages datés de juin 2016, Donald Jr. accepte avec enthousiasme de rencontrer une avocate russe, Natalia Veselnitskaya, dont on lui dit qu’elle a des liens avec Moscou et détient des informations compromettantes contre la candidate démocrate Hillary Clinton. “Parfait, il y aura certainement Paul Manafort (directeur de campagne), mon beau-frère et moi”, répond le fils Trump. L’avocate russe a précisé depuis que Jared Kushner n’était resté qu’entre sept et 10 minutes. Et Donald Jr. comme cette dernière assurent qu’aucune information gênante concernant Hillary Clinton n’a en fait été échangée. Peu importe, ce rebondissement spectaculaire a replacé au premier plan de précédentes révélations sur des rencontres entre Jared Kushner et des responsables russes, en pleine campagne électorale, puis après la victoire de Donald Trump le 8 novembre. D’après le Washington Post, le gendre du président aurait ainsi proposé en décembre 2016 d’établir un canal secret de communication entre l’équipe Trump et le Kremlin en utilisant les équipements de l’ambassade russe à Washington. Toujours en décembre, Jared Kushner aurait rencontré Sergueï Gorkov, ancien membre des services secrets russes et président de la banque publique Vnesheconombank, visée par de lourdes sanctions américaines, pour un entretien dont la teneur reste inconnue.

A Chamonix

juin 20th, 2017

Si nombre d’incentives auxquels je suis amené à participer se suivent et se ressemblent, il arrive que j’assiste à un incentive fortement décalé. Et il y a peu, j’ai été amené à suivre l’un d’eux à Chamonix. Ce qui est sûr, c’est que ça nous a sortis de notre petit confort, mes collègues et moi. Dès le début, quand nous avons pénétré dans le théâtre, nous avons commencé à nous asseoir sur les fauteuils. Mais l’on nous a alors priés de gagner la scène, où nous sommes restés toute la journée. C’est quand même bienplus concluant que d’écouter un discours guindé expliquant qu’il faut être acteur plutôt que spectateur ! En outre, on nous a proposé de rester dans nos équipes respectives. Souvent, on nous demande de plancher sur un thèmeassez conventionnel. Mais exceptionnellement, nous avons cette fois eu  un sujet nettement plus épineux sur lequel travailler : « Quelles actions particulières telle autre équipe devrait-elle mettre en oeuvre pour avoir de meilleurs résultats ? ». Je peux vous dire qu’il y a eu un malaise qu’il y a pu y avoir à l’énoncé du thème, lorsqu’on a compris qu’on allait devoir stigmatiser les efforts des collègues ! Je pensais que chacun irait mollo sur la critique, mais les gens se sont pris au jeu. Et quand la présentation des points d’amélioration pour chaque équipe s’est déroulée, j’en ai vu certains qui ont eu du mal à digérer. Au final, chaque équipe a dû certifier qu’elle allait appliquer les deux tiers des actions qui lui avaient été recommandées. Cette méthode nous a un peu brusqué, il a permis à chacun de balayer devant sa porte. J’ai fortement apprécié l’approche managériale  de cet incentive, bien plus efficace que les traditionnels débats où l’on se penche à n’en plus finir sur des détails sans importance. Je vous invite à consulter le site de l’agence qui s’est chargée d’assurer cet événement, si ça vous intéresse. Encore plus d’information sur cette activité incentive à Chamonix en allant sur le site internet de l’organisateur.

Et maintenant les revendications religieuses au travail

juin 16th, 2017

Dans les semaines qui viennent, apprend-on par hasard de la part d’un militant, SUD devrait entamer une réflexion autour du fait religieux. Cela parait judicieux: le sujet est de plus en plus présent dans toute la société, en particulier dans le monde du travail et, selon certains adhérents du syndicat de l‘Union Solidaires, il divise profondément ses troupes. Jean-Paul Dessaux, membre du bureau fédéral de SUD PTT, est à la manœuvre. Contacté, il relativise la portée de la démarche: «notre discussion interne n’a même pas débuté, nous fait-il savoir. Elle aura lieu dans le cadre d’un stage au mois de juillet, et le début de la réflexion portera surtout sur le sens qui est donné au port du “foulard” dans la société». L’idée à faire passer étant pour lui que «le foulard n’a pas de rapport direct avec la religion mais avec les sociétés à modèle patriarcal très développé, des milliers d’années auparavant». Manifestement, il s’agit, via cette approche anthropologique originale, de désamorcer les crispations actuelles autour du port du voile islamique. En tout cas, bonne ou mauvaise, l’initiative résume bien l’embarras et les réticences avec lesquels les syndicats, plus habitués aux luttes sociales, abordent la question, même si la montée des revendications religieuses dans les entreprises les y contraint désormais. Certains ont pris assez tôt le taureau par les cornes, telle la CFDT qui a édité en décembre 2015, à l’intention de ses équipes, un guide assez complet sur «le fait religieux en entreprise». Il rappelle les principaux textes de lois (Code du Travail, droit européen, jurisprudence), la différence entre la sphère publique laïque et le secteur privé (où la liberté religieuse s’applique), et s’appuie sur des remontées d’expériences de terrain pour dispenser des conseils pratiques à destination de délégués du personnel parfois désemparés. Ce guide doit d’ailleurs être réactualisé avec les textes les plus récents, qu’il s’agisse de la loi Travail d’août 2016 (qui permet de limiter, via le règlement intérieur et sous conditions, l’expression de la liberté religieuse) ou des arrêtés de la Cour européenne de justice concernant le port du voile face à la clientèle. «Le problème n’apparaît réellement que depuis quelques années, estime Frédéric Sève, secrétaire national CFDT en charge de ce dossier. Le fait religieux est à la jonction de deux questions syndicales. La plus évidente est la lutte contre les discriminations dont nous voulons faire un vrai sujet dans nos sections d’entreprise. La seconde porte sur l’articulation entre la liberté religieuse et le fonctionnement de l’entreprise: nos délégués n’ont pas à filtrer les réclamations que leur transmettent les salariés, à moins qu’elles ne soient contraires à nos valeurs humanistes et féministes». Par exemple, le refus de la part de salariés musulmans intégristes de travailler avec une femme ou de lui serrer la main. «Mais cela ne doit pas les empêcher pas de tenter de négocier, sans hystériser le conflit, quitte à déplacer la demande sur un terrain non religieux, bref de faire leur travail de ciment social et d’interface». Un savant dosage parfois délicat à apprécier, d’autant qu’entre les tenants de la laïcité à la française et ceux du multiculturalisme, on peut supposer que des visions assez divergentes s’affrontent au sein de la première organisation syndicale du secteur privé. Car si toutes les centrales sont conscientes d’avancer en terrain miné, leur histoire et le profil de leurs troupes jouent évidemment beaucoup dans leur façon d’appréhender un problème à la fois sensible et très peu consensuel. Chez Force Ouvrière, la tradition de laïcité à la française est ancienne: elle est issue de la charte d’Amiens d’indépendance syndicale (avec les partis politiques, mais aussi les religions), puis de la rupture avec la CGT en 1947 (lors du rapprochement de celle-ci avec le PC). Comme la plupart des organisations syndicales, FO a été auditionnée par la Commission Badinter, qui a préparé la loi El Khomri, dont l’article 6 porte sur les pratiques religieuses au travail. «Nous avons défendu l’introduction d’une certaine dose de neutralité dans le secteur privé, à condition qu’elle se fasse sous le contrôle des tribunaux et que le postulat de départ soit la liberté d’affirmer ses convictions», explique Véronique Lopez-Rivoire, responsable du service juridique de FO. Au final, regrette-t-elle, la loi El Khomri adopte la démarche inverse en permettant d’emblée d’inscrire des restrictions dans le règlement intérieur, «si celles-ci sont justifiées par d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché».

En cuisine à Barcelone

mai 10th, 2017

Un truc que j’ai appris avec l’expérience : il ne faut jamais dire jamais. La semaine dernière, je suis allé en cuisine. Ca peut vous paraître banal, si vous ne me connaissez pas, mais il faut savoir qu’il n’y a pas encore si longtemps, la cuisine était mon pire cauchemar. Ca me paraissait aberrant, qu’on puisse passer du temps en cuisine ! A cette époque, le service de livraison à domicile étaient alors mon seul univers. Et puis un jour, je ne sais trop pourquoi, je me suis mis à la cuisine. Pas parce que j’étais plus adulte, mais probablement parce que ma future femme voulait un dîner romantique à domicile…. Enfin bref, à mon corps défendant, j’ai commencé à cuisiner, et le plus étonnant est que j’ai adoré ça. Le fait d’avoir des supporters contribue pas mal à maintenir mon enthousiasme. Quand je vois ma famille se battre pour terminer le plat est toujours agréable. Aujourd’hui, je ne serai jamais un chef étoilé, mais je peux au moins dire que je me débrouille. Je ne sais toujours pas pourquoi j’aime cuisiner. J’imagine que ça me relaxe, après une grosse journée de travail. Ca peut sembler curieux (pour une personne qui ne cuisine pas), mais rien de mieux que de faire une brunoise en fin de journée ! Imaginer de nouvelles associations d’aliments permet d’évacuer les problèmes relatifs au boulot… Si vous êtes un suppôt des plats surgelés, vous devriez essayer de vous y mettre. Parce qu’en plus d’être un plaisir, c’est dans l’ère du temps.  Ca se voit avec le nombre croissant de programmes de télé-réalité dédiés à la cuisine ou à la pâtisserie… Si j’ai longtemps critiqué ce genre de programmes, aujourd’hui, je les suis systématiquement. Parce qu’il est loin, le temps où je suivais les recettes au pied de la lettre. Aujourd’hui, je me laisse porter par mon instinct. Et vous, qu’attendez-vous pour vous lancer dans l’aventure ? Si j’ai pu apprendre à cuisiner, c’est que tout un chacun peut s’y mettre ! D’ailleurs, je vous mets en lien mon atelier de cuisine, juste au cas où. ;) En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste réputé de ce cours de cuisine à Barcelone.

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Islamistes et traficants de drogue

mai 9th, 2017

D’ailleurs, pour se justifier « implicitement », ils invoquent le fait que « la drogue, est essentiellement exportée vers l’Occident et leur sert donc d’arme dans leur lutte contre celui-ci 22 ». En réalité, les phalanges de l’AQMI ne sont pas directement impliquées dans ce trafic, bien au contraire. Elles ne font qu’offrir leur protection aux trafiquants de drogue, lesquels leur donnent en échange d’importantes sommes d’argent. Cette protection constitue une source importante de revenus de l’AQMI qui s’ajoute, bien opportunément, à la source principale des revenus, c’est-à-dire des rançons demandées lors de la prise d’otages d’occidentaux. L’argent ainsi obtenu lui permet d’acquérir des armes, mais lui sert aussi de monnaie d’échange auprès des populations locales, dont elle obtient ainsi leur soutien ou, du moins, leur passivité, « leur tolérance ». Pour un haut responsable des services de sécurité mauritaniens dans cet environnement où l’État est totalement absent, il s’agirait là d’un système érigé en « véritable sécurité sociale », où l’argent étant ainsi subtilement « redistribué ». Par ailleurs, comme l’a souligné un consultant pour les Affaires du nord du Mali, si la plupart des phalanges de l’AQMI se ravitaillent auprès des populations locales, elles ne négocient jamais les prix des marchandises qui leur sont souvent vendues au double, voire même au triple, de leurs valeurs réelles. De cela, les responsables de l’AQMI en sont conscients, mais ils payent toujours comptant, sachant qu’ils se rendent ainsi indispensables à l’économie locale. Ils leur fournissent aussi de menus services23 comme, par exemple, le transport de malades vers des zones pourvues de médecins et de services hospitaliers, ou encore par le prêt d’argent sans en demander le remboursement. Enfin, offrir des moutons pour les fêtes de l’Aïd et pour de grandes occasions est aussi une manière de se faire accepter par ces populations, sans oublier les liens tissés par le mariage. Toutefois, cet ancien conseiller malien pour les Affaires du Nord remarquait que « développer des liens matrimoniaux ne protégerait qu’à la marge, la tribu, en ne protégeant éventuellement que l’individu, mais pas le groupe en tant que tel, n’adhérerait pas à son combat pour autant »; le développement des liens du mariage fait partie d’un ensemble d’initiatives d’adaptation à son environnement interne. De plus, l’AQMI n’intervient pas, sinon très peu, sur le plan religieux. À cet égard, un imam qui fut pendant un temps proche d’Al-Qaïda avant de couper tout lien avec celle-ci, expliquait: « Il n’y a pas de différence entre les musulmans, entre les malékites, les soufis ou les salafistes…, l’essentiel étant d’être musulmans 24 ». Aussi, les combattants de l’AQMI appliquent ce principe, afin de mieux partager les normes, valeurs, traditions et croyances des populations locales (environnement interne) et s’attachent à inscrire leur combat contre les pouvoirs en place – corrompus et contre l’Occident – oppresseur. Ce faisant, ils assurent la mise en conformité de l’identité sociale de l’organisation centrale à son contexte opérationnel, dans lequel sont actifs de manière décentralisée des mouvements salafistes plus profondément adaptés aux conditions locales. Une conformité indispensable à la réalisation des objectifs de son statut officiel d’affilié d’Al-Qaïda lui permettant de se présenter comme les défenseurs des populations locales et, plus globalement, de tous les musulmans. Ainsi, l’AQMI et ses mouvements salafistes parviennent-ils à se faire voir comme « des combattants pour le droit des populations locales » et à espérer obtenir les soutiens suffisants, voire l’adhésion, des tribus. Plus encore, selon Mohamed Fell Ould Oumère, spécialiste de l’AQMI, cette organisation a même poussé l’audace jusqu’à affirmer dans un communiqué « qu’elle se battait, entre autres, contre les conséquences de la pollution au Sahel sur les populations arabes et touarègues ».

Brexit: l’Ecosse demande un nouveau référendum d’indépendance

avril 1st, 2017

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé ce lundi qu’elle allait demander un nouveau référendum d’indépendance fin 2018 ou début 2019. Une décision qui tombe au moment où le gouvernement britannique s’apprête à déclencher le Brexit. “La semaine prochaine, je demanderai au parlement écossais de m’autoriser à trouver un accord avec le gouvernement britannique pour lancer la procédure qui autorisera le parlement écossais à légiférer sur un référendum d’indépendance”. La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, revient à la charge alors que le déclenchement officiel du Brexit est imminent. “J’estime qu’il est important que l’Ecosse soit en mesure de décider de son futur (…) avant qu’il ne soit trop tard”, a ajouté la cheffe du parti indépendantiste. Le gouvernement britannique a aussitôt répondu, jugeant qu’une nouvelle consultation serait un “facteur de division” et créerait “une énorme incertitude économique au pire moment possible”. L’annonce de Nicola Sturgeon, si elle n’est pas une complète surprise, fait ressurgir le spectre d’une division du Royaume. L’Ecosse s’était prononcée à 62% contre la sortie de l’Union européenne en juin dernier, 52% des Britanniques ayant choisi le Brexit. Un précédent référendum en 2014 s’était soldé par un non à l’indépendance récoltant 55% des voix. Mais selon un sondage BMG publié lundi, 48% des Ecossais y sont aujourd’hui favorables. Une telle consultation requiert toutefois l’accord du gouvernement conservateur britannique et de la Première ministre Theresa May, qui s’apprête à lancer le Brexit. Les députés britanniques réexaminent en effet à partir de lundi après-midi le projet de loi historique autorisant le pays à activer la sortie de l’UE. En cas d’adoption rapide, le divorce pourrait intervenir dès mardi. Approuvé en première lecture par les députés début février et amendé depuis par les Lords, le texte, sauf examen prolongé à la chambre des Communes, pourrait être adopté définitivement par les deux chambres du parlement dès lundi soir. Une fois approuvé par la Reine, il reviendra à Theresa May de notifier la sortie de Londres de l’UE à Bruxelles.

La prochaine industrie

mars 2nd, 2017

La semaine dernière, je me suis rendu à Marrakech pour y suivre un meeting avec mes collègues, et à un moment donné, la discussion a embrayé sur notre économie. Et je dois dire que j’ai été stupéfait de voir que beaucoup de gens autour de la table étaient totalement pour le principe des subventions faites aux industries par l’Etat. Et cela m’a d’autant plus étonné que ces personnes étaient elles-mêmes des entrepreneurs ! Or, à mes yeux, cette politique de subventions à tous les vents est une vraie catastrophe pour notre économie, et à peu près aussi judicieuse que mélanger Etat et religion. Il est facile de comprendre pourquoi nos politiques font tout pour pousser la croissance : cette dernière est souvent déterminante pour rester en place. Mais cela ne veut certainement pas dire qu’ils en sont capables, ni même qu’ils peuvent le faire intelligemment. Ceux qui défendent ces mesures incitatives conduites par les pouvoirs publics prétendent qu’il est normal que les élus interviennent dans l’économie et dépensent à tout-va afin de redresser l’économie. Mais cette dernière n’a pas besoin d’aide, et surtout pas de l’ingérence des politiques ! Les personnes qui défendent cette manière de faire devraient se poser cette question : en quoi les autorités sont-elles plus malignes que la population pour décider à quoi les finances doivent être préposées ? Comment le budget doit-il être divisé pour aller aux éoliennes, aux hôpitaux, à l’armement, à la lutte contre le chômage, à l’agriculture biologique… Et la question qui met le ravioli en ébullition : pourquoi la classe politique serait-elle mieux logée pour prendre les meilleures décisions ? Le postulat même de prise de décision dans un ministère n’est pas viable. On ne contrôle pas le monde depuis une carte et une vague idée de la façon dont il fonctionne. Les tentatives dramatiques de conséquences des anciennes économies socialistes l’ont clairement montré. Seul le libre marché est en mesure de déterminer les secteurs promis à un bel avenir. A part ça, j’ai été séduit par ce team building. Le timing qu’on nous avait préparé était exceptionnel. Je vous mets un lien vers l’agence qui l’a mis en place, si vous avez à en programmer un.

La BCE auprès de l’Italie

février 16th, 2017

Ce jeudi 8 décembre, Mario Draghi annoncera la décision du conseil des gouverneurs de la BCE dans un contexte politique troublé par la victoire du non au référendum italien, et celle de Donald Trump aux États Unis. Quelles sont les actions attendues de la part de la BCE ? Est-elle encore en mesure d’apporter son soutien à l’économie européenne ? Dans un premier temps, Mario Draghi va annoncer les nouvelles anticipations de croissance et d’inflation pour l’année en cours ainsi que pour 2017 et 2018. Puis, sur la base de ces anticipations, la BCE est à même de proposer une action en accord avec son mandat, qui est de stabiliser le niveau d’inflation à un niveau proche mais inférieur à 2%. Au regard des différentes annonces faites au cours de ces dernières semaines, les opérateurs des marchés financiers semblent croire que la BCE annoncera une prolongation de son opération d’assouplissement quantitatif, qui consiste en l’achat de 80 milliards d’euros de titres par mois, et qui a pour objectif “d’injecter” de la monnaie dans le système, et ainsi de stimuler la demande, c’est-à-dire la somme de la croissance et de l’inflation. Pour le moment, ce programme est prévu pour s’arrêter en mars 2017, et il pourrait être poursuivi pendant une période supplémentaire de 6 mois, avec une nouvelle limite fixée en septembre. En effet, les incertitudes politiques actuelles sont susceptibles d’affoler les bourses européennes, notamment les taux d’intérêt, mais pour le moment, le calme est maintenu en raison d’une confiance retrouvée dans la capacité d’action de la BCE de Mario Draghi. Dans ce contexte, il serait en effet important que la BCE montre son engagement dans la crise en cours, qu’elle démontre qu’elle est attentive aux développements qui ont lieu, notamment sur l’Italie. Une déception de ce côté pourrait alimenter les risques. Une Banque centrale a précisément pour rôle de stabiliser un contexte macroéconomique, elle est donc jugée sur sa réactivité par rapport à des évènements. Ces évènements ont eu lieu, entre l’Italie, le Brexit, Donald Trump etc. désormais, l’institution monétaire est attendue au tournant. S’agit-il réellement du rôle de la BCE de venir “au secours” d’un contexte certes difficile, mais purement politique ? La question pourrait se poser si la BCE n’y était pour rien dans la défiance des populations à l’égard de l’Europe. Depuis 2008, la zone euro fonctionne à mi régime, c’est-à-dire que son taux de croissance a plus ou moins été divisé par deux par rapport à la décennie précédente, il ne s’agit pas d’une fatalité, mais bien d’une trop grande frilosité de la part de BCE depuis la survenance de la “Grande récession”. Si le chômage de la zone euro est à la baisse, celui-ci vient tout juste de passer sous la barre des 10%, il convient quand même de noter que les États Unis, le Royaume Uni, ou le Japon, ont des taux de chômage respectifs de 4.6%, 4.8% et 3%. Or, ces pays ont mené des politiques monétaires bien plus agressives que celle de la BCE, c’est bien la seule différence. Il faut vraiment se rendre compte d’une réalité, le plein emploi n’est pas une question économique, en ce sens que l’on sait comment faire pour y parvenir, c’est une question politique, c’est-à-dire que la zone euro n’a simplement pas fait le choix, politiquement parlant, du plein emploi. Évidemment, un tel choix a des conséquences sur les populations, et il ne faut pas tellement s’étonner que celles-ci votent “mal”. Mario Draghi sait tout cela, et pour le moment, il est possible de lui reconnaître le fait qu’il essaye de faire ce qu’il peut au sein d’institutions qui lui sont parfois hostiles. Ce n’est vraiment pas suffisant, mais il aurait besoin de soutiens politiques pour aller plus loin, ce qui aurait également pour conséquence de “heurter” les positions allemandes.

La politique étrangère de Trump

février 16th, 2017

Quatre semaines après son élection surprise, Donald Trump n’a toujours pas choisi son futur secrétaire d’Etat, poste clé de l’administration, équivalent du ministre des affaires étrangères. De nombreuses personnalités ont été évoquées, dont Mitt Romney, candidat républicain à la Maison Blanche en 2012, Rudolph Giuliani, ancien maire de New York et allié de la première heure du candidat Trump, ou John Bolton, ancien ambassadeur à l’Onu du président George W. Bush. Ce choix sera déterminant. Il donnera une indication claire de la direction à venir de la politique étrangère américaine. Pour l’heure, au sein de l’équipe de défense et de sécurité nationale, Donald Trump a choisi des hommes et des femmes qui illustrent son intention de rechercher “la paix depuis une position de force” (”peace through strength”). Ainsi Donald Trump a désigné Michael Flynn comme Conseiller à la Sécurité Nationale. C’est un lieutenant-général, trois étoiles qui fut directeur du renseignement pour le Pentagone et un critique virulent de la stratégie militaire du président Obama (cela lui avait d’ailleurs coûté sa place). Au Pentagone il a placé James Mattis, également général en retraite. Il a nommé Nikki Haley ambassadrice à l’Onu, et a placé Mike Pompeo à la tête de la CIA. Ces trois nominations devront recevoir l’assentiment du Sénat. Haley est, pour l’heure, gouverneur de Caroline du Sud. Pompeo est un élu du Kansas, proche du Tea Party, qui avait dénoncé avec virulence les révélations d’Edward Snowden sur les écoutes de la NSA, appelant à ce qu’il soit ramené aux Etats-Unis, jugé et condamné à mort… Pour envisager quelle sera la politique étrangère de l’administration Trump, les observateurs n’ont donc pas d’autres éléments que ses discours de campagne. Or, comme il en est coutumier, Trump a fait des déclarations qui ont pu paraître surprenantes ou inquiétantes, surtout pour les alliés des Etats-Unis. Ainsi, il a recommandé au Japon de se doter de l’arme nucléaire pour sa défense ! A l’encontre des traités bilatéraux, et du principe de non- prolifération. Il a indiqué qu’il ne viendrait au secours des pays européens, notamment les pays baltes, en cas d’agression extérieure, que si ceux-ci avaient payé ce qu’ils doivent à l’Otan. A l’encontre de l’article 5, mais en rappelant que les membres de l’Alliance atlantique sont tenus de consacrer 2% de leur PIB à la défense, ce que seuls trois pays font régulièrement, les Etats-Unis, le Royaume uni et la France. Il a laissé entendre qu’il reviendrait sur l’accord de juillet 2015 avec l’Iran. Qu’il chercherait à coopérer avec la Russie dans le dossier Syrien. Qu’il avait un “plan” pour éliminer l’Etat islamique. Qu’il reverrait la relation avec les monarchies du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite… Au-delà des petites phrases – dont chacun sait désormais qu’elles ne doivent jamais être prises au pied de la lettre venant de Donald Trump – le président élu a placé sa future politique étrangère derrière le mot d’ordre “d’America First”. Ce qui signifie “l’Amérique d’abord”. En clair Trump mettra l’intérêt des Etats-Unis avant tout autre considération. “Nous mettrons les Américains en tête de nos préoccupations qu’il s’agisse de commerce international, d’immigration, d’emplois, de revenus ou de sécurité,” avait-il dit dès le mois d’avril 2016. Trump estime en effet que depuis trop longtemps, et notamment sous l’administration Obama, les Etats-Unis ont placé les intérêts d’autres pays, partenaires ou adversaires, avant les leurs, espérant sans doute d’être payés en retour, ce qui n’a pas été le cas à son goût. Cette période est révolue. Sous Donald Trump les Etats-Unis auront comme premier souci… les intérêts des Américains. Ce slogan a été bien sûr dénoncé par certains. Pour ses connotations historiques. Et parce qu’il marquerait un retour à l’isolationnisme. Sur la référence historique, des éclaircissements s’imposent pour ne pas tomber dans la caricature. Quant à la seconde affirmation, elle est tout simplement fausse et résulte d’une lecture biaisée des intentions de Donald Trump. L’America First Committee (AFC) fut une organisation brièvement engagée contre l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1940. Ce comité vécut quinze mois, de septembre 1940 à décembre 1941. A l’époque, les Etats-Unis étaient officiellement un pays neutre. Cette neutralité avait été maintes fois réaffirmée, durant les années trente, par des votes du Congrès. Elle traduisait donc la volonté populaire. Elle ne seyait cependant pas au président Franklin Roosevelt. Et c’est pour prévenir une démarche de sa part, précipitant l’Amérique dans le conflit européen, que certaines personnalités du monde des affaires, de la politique ou de la culture, avaient fondé ce comité. Il s’agissait d’utiliser la pression de l’opinion contre la volonté perçue du président. Le fait que certains membres du comité aient pu avoir alors des sympathies pour l’Allemagne nazi, et le fait que la non- ingérence américaine ait alors fait le jeu de l’agresseur, c’est-à-dire d’Hitler, ont été utilisés depuis pour discréditer l’AFC et en faire une sorte de groupuscule néo-fasciste. C’est tomber dans la caricature. L’America First Committee compta près d’un million de membres, et exprima alors la volonté d’une large partie de l’opinion américaine. Loin de rassembler des extrémistes et des radicaux, il comptait, parmi ses sympathisants, des personnalités de premier plan, dont un certain Joseph Kennedy, ex-ambassadeur en Grande Bretagne, et son fils cadet, John Fitzgerald Kennedy. L’AFC fut dissout trois jours après l’attaque japonaise contre Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. Il n’empêcha pas l’Amérique de se rassembler derrière le président Roosevelt, une fois la guerre déclarée, ou même de s’engager, comme le fit John Kennedy.

En Finlande

février 4th, 2017

Voilà une affaire dont notre pays ne ressortira pas grandi : l’affaire Fillon montre à quel point la France a encore un sacré travail à faire contre la corruption ! Lundi dernier, j’ai d’ailleurs abordé la chose avec quelques personnes, durant un voyage de groupe en Finlande. Et je me suis aperçu à quel point le Penelopegate laissera des traces. La méfiance vis-à-vis des énarques n’est pas récente ; Donald Trump a d’ailleurs utilisé ce rejet populaire aux Etats-Unis pour se faire élire. Pourtant, il persistait à mon sens un filet d’espoir chez les gens. Mais c’est fini, désormais. J’ai assisté à un changement spectaculaire, avec l’affaire Fillon. La rancœur provoquée par certains politiques a rejailli sur toute la classe politique. C’est assez évident quand j’en parle autour de moi. Il y a en premier lieu l’exemple que prétendait incarner Fillon. Que ce candidat, qui a axé toute sa campagne sur sa moralité, soit en définitive un escroc n’est pas seulement choquant : cela met à mal la classe politique dans son ensemble ; parce que si le meilleur est en fait comme ça, on imagine les autres… Mais il y a également la justification des politiques de droite dans cette affaire qui a pesé dans ce rejet massif. La communication ahurissante des Républicains n’a fait qu’aggraver ce sentiment qu’ils nous prennent véritablement pour des cons. NKM, Eric Ciotti, Bruno Retailleau… Chacune de leurs apparitions a fait des dommages incroyables. Assurer que tout ça n’est rien ? S’énerver en prétendant qu’il y a des problèmes plus graves ? Hurler au complot ? Toutes ces personnes ont démoli pièce par pièce le candidat en croyant le servir. Evidemment, on pourrait croire qu’il n’y a là qu’une banale affaire de corruption. Mais ce qui se joue ces derniers jours est infiniment plus délicat, à mon sens. C’est l’affaire de trop. L’homme a constitué sa candidature sur sa droiture, il s’est démarqué comme un Monsieur Propre sans tache. Dans ce dossier, il n’entraîne de fait pas que sa famille dans sa défaite : il pourrit par son exemple tout notre système démocratique. Et cela, personne ne risque d’oublier. Soit dit en passant, j’ai adoré ce voyage de groupe en Finlande. Si les discussions politiques étaient relativement enfiévrées (et c’est un euphémisme !), l’ambiance s’est révélée très joyeuse pendant le reste du séjour. Je vous mets en lien l’agence par laquelle je suis passé, si ça vous intéresse.

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